
Êtes-vous toujours en quête de l’âme sœur ? Passez-vous votre temps à vous demander si vous aimez labonne personne ? Avez-vous perdu tout espoir de ne jamais tomber amoureux après des échecs répétés ? Il
se pourrait qu’à votre insu, vous soyez à la recherche de vous-même, à la recherche de toutes ces parties devous que vous avez perdues en chemin, ou que vous n’avez jamais découvertes. Il se pourrait que vous
soyez à la recherche de votre âme. Ce serait tellement une bonne nouvelle, car,enfin, votre errance seraitfinie, vous pourrez revenir chez vous dans votre propre cœur et, au sens fort des mots, tomber amoureux de
vous-même. En fait, c’est seulement grâce à cette histoire d’amour avec soi, que nousdevenons capable derencontrer l’autre avec ses beautés et ses imperfections.
Vous souvenez-vous de la célèbre chanson de Françoise Hardy : Tous les garçons et les filles de mon âge
savent bien ce que c’est qu’être deux… Et la main dans la main, et les yeux dans les yeux, ils s’en vont
amoureux sans peur du lendemain. Oui, mais moi, je vais seule dans les rues, l’âme en peine… car personne
ne m’aime. »
Ces paroles qui ont bercé notre adolescence expriment bien notre drame à tous, le drame dumanque que nous espérons combler par la présence de l’autre, le ou la bien-aimée tant attendue. Les
psychanalystes ont compris que le manque est la source du désir et que, sans lui, il n’y a habituellement pasd’amour du tout.
La perception de ce manque nous propulse vers l’autre, les autres, la vie. Cependant, ce mode defonctionnement ne nous apportera jamais un bonheur durable, carjustement il repose sur l’autre qui peut seretirer n’importe quand. Heureusement, il existe une autre voie qui nécessite un virage à 180 degrés. Il
s’agit d’utiliser exactement la même énergie qui nous met en mouvement vers l’autre pour aller à la
rencontre de soi-même. Cela ne demande pas de vous couper du monde extérieur, mais de chérir les
moments de solitude, surtout ceux ou vous ressentez le manque, pour prendre soin de vous, vous écoutez,
vous ressentir davantage, découvrir des aspects de vous que vous ignorez.
En agissant ainsi, vous serez le siège d’une transformation alchimique inattendue : grâce à l’acceptation, le
sentiment de manque fait progressivement place à un vécu de plénitude et d’abondance intérieure qui vous
pousse aussi vers les autres, mais maintenant pour partager votre bonheur, pour danser votre joie de vivre
avec eux. Vous étiez mendiant, vous voilà devenu empereur. Apprécier tout autant les moments de solitude
que les moments de partage est le signe que vous retrouvez l’intimité avec vous-même. Votre vie devient
comme une respiration, un rythme s’installe : vous inspirez, vous allez à l’intérieur ; vous expirez, vous
vous tournez vers les autres, et les deux mouvements sont sources de plaisir.
L’amour n’est pas une relation, mais un état d’être

La croyance fort répandue que l’amour est une relation est une erreur qui nous entraîne dans une mauvaise
direction. L’amour est un état d’être par lequel nous sommes connectés avec la source même de notreexistence et qui se traduit par la perception d’une quantité tout à fait spécifiqueMon corps, ma maison
La plupart d’entre nous critiquons notre corps : notre nez est trop long ou trop court; nous sommes tropgros, ou trop maigre… Il y a bien des raisons à cela, à commencer par les commentaires désobligeants de
nos parents ou de nos camarades de classe. Nous ne pourrons jamais rencontrer les critères de beauté desrevues de mode et, même si nous y parvenions, ce ne serait pas pour longtemps, car les années passent…

Notre corps, en particulier notre visage, est la manifestation aux autres de ce que nous sommes. Il est
souvent lieu d’un conflit entre l’être et le paraître. Moins il y a de distorsion entre l’émotion que nous
ressentons et sa manifestation, qu’elle se traduise en expressions du visage, gestes ou
paroles, plus nous
nous détendons et plus nous rayonnons d’une beauté naturelle. Toute personne relaxée devient belle quels
que soient les traits de son visage, les marques du temps ou les proportions de son corps.
Comme nous n’avons pas appris à écouter et à respecter les sensations de notre corps, nous le connaissons
mal et nous ne lui donnons pas la nourriture, le repos, l’air frais ou l’exercice dont il a besoin. Aussi nous
fait-il souffrir, ce qui fait que nous l’occultons encore plus par peur de la maladie, du vieillissement et de la
mort.
L’enfant en moi
Toucher à l’état d’amour est facile. Et pourtant, il est rare de rencontrer quelqu’un qui s’aime sans réserve.
La raison en est qu’il existe des parties de nous-même que nous avons peur de rencontrer, la première étant
sans aucun doute l’enfant que nous avons été et qui vit toujours en nous. Cet enfant est là, spontané,
espiègle, joueur, sensible, imaginatif, ne retenant ni ses rires, ni ses larmes, ni ses élans de cœur, ni ses
colères. Nous ne sommes pas à l’aise avec lui, car il est difficile de concilier sa vitalité et ses besoins avec
notre vie d’adulte sérieux et responsable.
Pourtant, il représente ce que nous avons de meilleur en nous, et lui seul est capable de donner de la couleur
à notre existence. Pour beaucoup d’entre nous, cet enfant a souffert gravement. Il a peut-être assisté à des
scènes de violence quand il n’a pas été lui-même battu ou humilié. Le pire n’est pas ce que notre enfant
intérieur a rencontré – séparation, décès, accident, maladie, ça fait de toute existence humaine, nul n’y
échappe – mais qu’il n’ait eu personne à qui parler, personne pour reconnaître son vécu.

Une fois à l’âge adulte, nous perpétuons cet état en n’accueillant pas les émotions qui remontent des
expériences de l’enfance, qu’elles prennent le visage de la peur, de la tristesse, de la panique paralysante, de
la honte ou de la culpabilité. Nous ne pouvons tolérer de les ressentir. Nous nous jugeons, nous tentons de
les éliminer et, ce faisant, nous refusons d’écouter ce que notre enfant intérieur tente en vain de nous
communiquer. Imaginez que vous rencontrez un enfant qui a vécu ce que vous avez vous-même
expérimenté au même âge. Comment avez-vous envie de vous comporter avec lui ? Pouvez-vous adopter
cette attitude à votre égard maintenant ?
S’aimer soi-même signifie accepter dans ses bras cet enfant que nous avons abandonné, lui parler, le
rassurer, il est d’ailleurs si beau, si vital ! Il peut nous redonner le goût de l’aventure, insuffler en nous
fraîcheur et spontanéité.
Les paradoxes de la solitude
Célibataire, vous souffrez de la solitude. En réalité, il n’y a que vous. Tout le monde, à un moment ou
l’autre, se sent seul, et ce sentiment peut être encore plus vif pour ceux qui vivent en couple. Il n’y a rien de
pire que de se trouver physiquement proche de quelqu’un quand le courant ne passe plus et que la panique
vous prend. Ce sentiment de se sentir isolé – inhérent à la nature humaine – peut vous conduire à une
expérience extraordinaire, celle de votre solitude fondamentale, solitude pleine, sacrée, silencieuse et
amoureuse. Pour cela, reconnaissez d’abord le mouvement d’énergie qui vous pousse vers l’autre, réel ou
imaginaire, et qui vous tire hors de vous. Cherchez ensuite à ramener toute cette énergie vers vous-même en
écoutant les manifestations sensorielles du manque et de la tension vers l’extérieur. Comment savez-vous
que vous avez besoin de l’autre, ou est l’origine de ce mouvement qui vous fait sortir de vous ?
Souvent l’identifierez-vous comme une boule de chagrin dans le bas-ventre et dans le cœur, parfois dans le
plexus solaire ou même dans la gorge. Placez les mains â ces endroits et respirez lentement, portant votre
attention sur ce qui s’y passe. Vous ferez toujours l’expérience d’une remontée de vieilles émotions suivie
d’un grand calme, d’un renouveau d’énergie ou se mêlent fréquemment une sorte de nostalgie et un
sentiment d’amour pour la vie, pour vous-même, finalement pour rien en particulier, simplement parce que
vous existez.

Les noces intérieures
De nombreux aspects de l’amour de soi sont à découvrir dans notre identité sexuelle. Aimons-nous
vraiment l’homme ou la femme que nous sommes ?
J’ai mis du temps à reconnaître que je refusais d’être homme parce que je ne voulais pas être violent et
colérique comme mon père, que je refusais les valeurs masculines qu’on m’avait inculquées, la nécessité
d’être toujours fort, performant, compétitif, en contrôle de mes émotions, prêt à mourir sans discuter, sur
n’importe quel champ de bataille où mes supérieurs m’enverraient. De la même manière, j’ai constaté que
nombre de femmes ne peuvent s’accepter comme telles parce qu’elles refusent de se conformer à l’image de
la femme faible, soumise, frustrée, amère et agressive. Elles rejettent le rôle que les mères ont trop souvent
joué. Certaines femmes qui ont été sexuellement abusées ressentent un dégoût profond et une honte
viscérale à l’égard de leur corps de femme.
Pour s’en sortir, il est nécessaire de découvrir la beauté et la noblesse d’être homme, guerrier pacifique,
capable d’affirmer ce qu’il ressent, de se défendre, de protéger les siens, fier de sa clarté intellectuelle, de
ses réalisations techniques… Il est nécessaire de goûter la magie d’être femme, intuitive, aimante, génitrice,
toute en courbes, en réceptivité, en harmonie avec elle-même, avec l’homme, l’enfant, les cycles de la
nature…
Cela ne suffit pas encore. Un des mystères de l’être humain, c’est qu’il n’est jamais purement homme ou
femme. Au fond de chaque homme, il y a une femme qui s’ignore, au fond de chaque femme, un homme en
gestation. Nous sommes le fruit de la rencontre d’un homme et d’une femme – nos parents – et de la façon
dont ils ont réussi leur amour. Cela est inscrit dans nos gênes, dans notre structure corporelle et cérébrale
polarisée droite gauche et, en conséquence, dans notre psychologie profonde. Notre relation amoureuse
extérieure est à l’image de la relation qui s’établit entre notre homme et notre femme intérieure.

Les paradoxes de la solitude
Célibataire, vous souffrez de la solitude. En réalité, il n’y a que vous. Tout le monde, à un moment ou
l’autre, se sent seul, et ce sentiment peut être encore plus vif pour ceux qui vivent en couple. Il n’y a rien de
pire que de se trouver physiquement proche de quelqu’un quand le courant ne passe plus et que la panique
vous prend. Ce sentiment de se sentir isolé – inhérent à la nature humaine – peut vous conduire à une
expérience extraordinaire, celle de votre solitude fondamentale, solitude pleine, sacrée, silencieuse et
amoureuse. Pour cela, reconnaissez d’abord le mouvement d’énergie qui vous pousse vers l’autre, réel ou
imaginaire, et qui vous tire hors de vous. Cherchez ensuite à ramener toute cette énergie vers vous-même en
écoutant les manifestations sensorielles du manque et de la tension vers l’extérieur. Comment savez-vous
que vous avez besoin de l’autre, ou est l’origine de ce mouvement qui vous fait sortir de vous ?
Souvent l’identifierez-vous comme une boule de chagrin dans le bas-ventre et dans le cœur, parfois dans le
plexus solaire ou même dans la gorge. Placez les mains â ces endroits et respirez lentement, portant votre
attention sur ce qui s’y passe. Vous ferez toujours l’expérience d’une remontée de vieilles émotions suivie
d’un grand calme, d’un renouveau d’énergie ou se mêlent fréquemment une sorte de nostalgie et un
sentiment d’amour pour la vie, pour vous-même, finalement pour rien en particulier, simplement parce que
vous existez.
Les noces intérieures
De nombreux aspects de l’amour de soi sont à découvrir dans notre identité sexuelle. Aimons-nous
vraiment l’homme ou la femme que nous sommes ?
J’ai mis du temps à reconnaître que je refusais d’être homme parce que je ne voulais pas être violent et
colérique comme mon père, que je refusais les valeurs masculines qu’on m’avait inculquées, la nécessité
d’être toujours fort, performant, compétitif, en contrôle de mes émotions, prêt à mourir sans discuter, sur
n’importe quel champ de bataille où mes supérieurs m’enverraient. De la même manière, j’ai constaté que
nombre de femmes ne peuvent s’accepter comme telles parce qu’elles refusent de se conformer à l’image de
la femme faible, soumise, frustrée, amère et agressive. Elles rejettent le rôle que les mères ont trop souvent
joué. Certaines femmes qui ont été sexuellement abusées ressentent un dégoût profond et une honte
viscérale à l’égard de leur corps de femme.
Pour s’en sortir, il est nécessaire de découvrir la beauté et la noblesse d’être homme, guerrier pacifique,
capable d’affirmer ce qu’il ressent, de se défendre, de protéger les siens, fier de sa clarté intellectuelle, de
ses réalisations techniques… Il est nécessaire de goûter la magie d’être femme, intuitive, aimante, génitrice,
toute en courbes, en réceptivité, en harmonie avec elle-même, avec l’homme, l’enfant, les cycles de la
nature…
Cela ne suffit pas encore. Un des mystères de l’être humain, c’est qu’il n’est jamais purement homme ou
femme. Au fond de chaque homme, il y a une femme qui s’ignore, au fond de chaque femme, un homme en
gestation. Nous sommes le fruit de la rencontre d’un homme et d’une femme – nos parents – et de la façon
dont ils ont réussi leur amour. Cela est inscrit dans nos gênes, dans notre structure corporelle et cérébrale
polarisée droite gauche et, en conséquence, dans notre psychologie profonde. Notre relation amoureuse
extérieure est à l’image de la relation qui s’établit entre notre homme et notre femme intérieure.

.Dominique Vincent détient une licence de philosophie et un diplôme d’état d’éducateur spécialisé à l’Institut Catholique de
Paris. Il est aussi psycho-éducateur formé au Canada à l’université de Sherbrooke. Parallèlement, il s’est formé à diverses
approches de thérapies psychocorporelles : massages, travail avec la posture, médecine chinoise, travail avec les sons et la
voix, le Rebirth, l’animation de groupes de thérapie et de développement personnel.